Exposer à droite

Exposer à droite, vient de l’anglais «expose right» qui consiste à exposer le fichier RAW de manière à caler l’histogramme à droite tout en préservant les hautes lumières.

Quelques chiffres

Un fichier numérique est composé de trois couches, R (rouge), V (vert), B (bleu). Un fichier RAW est codé en 12 ou 14 bits par couche (16 pour les moyens formats), alors qu’un fichier JPEG est lui codé en 8 bits par couche. Cela veut dire que le nombre de données enregistrées est lié à cette profondeur de codage. Il suffit d’élever 2 à la puissance du nombre de bits pour obtenir le nombre de nuance qu’on peut enregistrer par couche.

2^8 = 256 nuances par couche pour le JPEG
2^12 = 4096 nuances par couche pour le RAW 12 bits
2^14 = 16384 nuances par couche pour le RAW 14 bits (reflex actuel)

Un fichier JPEG contient 16,8 millions de couleurs (256 x 256 x 256 = 16 777 216), bien plus qu’un oeil humain ne pourrait distinguer, soit environ 8 millions de nuances de couleurs (un oeil moyen 200 x 200 x 200 = 8 000 000).

Pourquoi exposer à droite ?

Les capteurs numériques enregistrent la lumière de manière linéaire (contrairement au film et à notre oeil). Les données enregistrées ne sont pas réparties de façon uniforme du blanc au noir. 50% sont consacrés aux plus hautes lumières, puis la moitié de ce qui reste aux nuances voisines, puis la moitié de la moitié aux suivantes et ainsi de suite (voir les tableaux ci-dessous). A chaque fois que la luminosité est divisée par deux (clair vers foncé), deux fois moins d’informations sont enregistrées. On a donc une foule d’informations dans les hautes lumières et presque plus rien dans les tons très foncés.

pourcentages

RAW vs JPEG

Quel intérêt d’exposer à droite ?

Même si notre perception des couleurs est limitée, le fait de disposer d’un maximum de nuances pendant le développement permet d’éviter la postérisation et procure des dégradés bien plus subtils. Autre avantage de l’exposition à droite, limiter la montée du bruit dans les basses lumières.

Deux exemples sur la photo de paysage et un exemple de portrait et pour finir un exemple sur la montée du bruit dès 320 ISO.

(Les exemples proposés sont développés dans LR, il n’y a pas de retouche Photoshop)

 

A lire également

Pour écrire cet article, je me suis inspiré de l’article « Expose Right » de Michael Reichmann sur le site Luminous Lanscape.

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Commentaires

Très bon article !
Je connais depuis peu les bénéfices de cette technique et ces apports, en commençant par des dégradés beaucoup plus subtiles, notamment dans le domaine du paysage.
Néanmoins, je m’interroge sur la photo de portrait (en exemple) qui bénéficie d’un fort éclairage naturel en arrière-plan.
A la prise de vue, avec un histo sur la droite, on a vraiment l’impression que le visage du modèle est cramé… Du coup, le témoin d’écrêtage HL du boitier clignote ou ne doit pas clignoter avec une expo pour les HL ?
C’est à la fois intéressant et déroutant quand on ne maîtrise pas cette technique…
Merci pour votre éclairage et continuez vos articles enrichissant !

Bonjour David, merci pour ce retour. Concernant l’histogramme du boitier d’une part on peut difficilement évaluer l’optimisation du RAW, puisque l’histogramme représente le JPEG contenu dans le RAW, et d’autre part l’histogramme ne permet pas de mesurer (seul un posemètre sera juge). Quelques infos néanmoins par retour d’expérience. Si l’indicateur d’écrêtage clignote sur le visage, c’est qu’on est sans doute allé trop loin, attention cependant, on peut avoir un écrêtage sur les reflets spéculaires sur la peau liés au soleil ou flash (ou source lumineuse quelconque). Pour juger d’un portrait en contre jour, l’histogramme boitier sera un piètre juge ! Il est préférable de travailler au posemètre ou comprendre la mesure interne du boitier (voir ici pour la mesure en lumière réfléchie). Je recommande également lorsqu’on optimise l’exposition d’un fichier (exposer à droite), d’utiliser un profil d’entrée linéaire, travaillant sur Lightroom, j’ai fait un article la dessus (voir ici). J’espère avoir répondu à vous interrogations.

Marc-Sanchez-Photographie

Très bel article, et belle philosophie sur PS et LR dans les commentaires que je partage à 200%. Beaucoup trop font de la photo avec des logiciels faute de savoir se servir de leur APN.

Merci pour le retour. Il est clair que de bien exposer est la base en photographie. En photographie numérique, caler à droite permet d’optimiser l’exposition et tirer la quintessence du fichier.

Bonjour M. Kuntz pour votre argumentation, et vos recherches. Récemment j’ai appris que Affinity serait plus doué pour développer les hautes lumières… Avez vous un avis ?..

Bonjour,

Hélas, je n’ai pas d’avis concernant Affinity. Ce logiciel est semblable à Photoshop et un logiciel de retouche ne n’intéresse pas trop dans ma pratique. Je préfère de loin LR avec son catalogue, ça correspond à ma philosophie de travail.

Concernant LR, je peux vous renvoyer sur un article récent pour créer un profil linéaire pour LR : https://jmk-photos.fr/profil-lineaire-lightroom/

Merci pour cet article très intéressant (ainsi que les commentaires et leurs réponses d’ailleurs).Je pense avoir compris le pourquoi du « exposer à droite »

Merci pour le retour 🙂

Merci pour l’article.
Je pense « reconnaitre » … le port de Thonon… 😉

Bien vue 😉

Bonjour,
Tout d’abord merci pour ces infos. Cependant une question me travaille: pourquoi ne pas dire simplement surexposer.
Deuxièmement pourquoi les marques permettent d’enregistrer Raw et Jpeg en même temps.

Bonjour Aury,

Concernant la première question, exposer à droite ne revient pas systématiquement ou forcément à sur exposer par rapport à l’expo définit par le boitier. Il y a des cas où il faut sous exposer par rapport à la mesure du boitier.
D’autre part, le terme surexposer reste vague, alors que exposer à droite, c’est plus explicite. (caler l’histogramme à droite sans écrêter les HL)

Concernant la deuxième question, c’est plus aux constructeurs qu’il faudrait la poser. Personnellement, je trouve que RAW + JPEG est un non sens. Soit on expose pour le JPEG, et le RAW est « sous employé », soit on expose pour le RAW et le JPEG est « blanc ».

Bonjour et merci pour votre article, on voit beaucoup de conseils invitant à exposer à droite, mais rarement « pourquoi ». Or il est très utile de comprendre pourquoi, et on est vite convaincu, surtout dans certains contextes tels que le paysage, de l’utilité de cette méthode.

Merci Alexandre

Bonjour,
Si je comprends bien (mais rien n’est moins sûr..), il vaut mieux sur-exposer une photo pour avoir plus d’infos en post-traitement où il faudra donc à chaque fois rebaisser l’exposition pour être exposer normalement, c’est ça? Mais du coup, à part pour l’avantage sur les hauts ISO, si on expose correctement à la prise de vue, je ne vois pas trop l’avantage. Merci de m’éclairer.

Julien, ce que vous appeler « exposer correctement », j’appelle ça « sous exposer ». Pour moi, exposer à droite, c’est exposer correctement. Il faut effectivement ramener les valeurs lors du développement du fichier. L’intérêt n’est pas seulement sur les hauts ISO (gestion du bruit), mais également d’avoir une richesse de nuance lors du développement. D’ailleurs, sur l’exemple dédié au bruit, celui ci apparait dès les 320 ISO (trois cent vingt), c’est très surprenant.

Article intéressant, en particulier pour les explications quant à la répartition des informations et le graphique joint, par contre il aurait été intéressant d’approfondir quant à la façon d’exposer: exposer à droite avant de crâmer les hautes-lumières sur toute la photo, exposer le plus à droite selon le sujet quitte à crâmer le fond … autant de façons de faire qu’il y a de cas de figure. Ce qui amène à parler du mode de mesure: multi-segment, pondéré au centre, spot …

Merci pour le retour.

Le but de ce tuto n’est pas de parler des modes de mesure (ça fera l’objet d’un tuto) ou de parler de LR comme dans un précédent commentaire, mais de mettre en avant les avantages en termes de « matières photographiques » le fait d’exposer à droite. Quelque soit le mode de mesure utilisé sur le boitier, il faudra valider l’exposition à l’aide de l’histogramme et de l’indicateur d’écrêtage du boitier. Le but étant de caler l’histogramme à droite tout en préservant les hautes lumières, il ne s’agit en aucun cas de cramer quoique ce soit. Si la dynamique de la scène est plus importante que la dynamique du capteur, il va falloir faire des choix sur les sacrifices à faire soit dans les HL soit dans les BL, qui seront des choix photographiques propre à chacun.

Bonjour Mr JM !
Merci pour ton p’tit tuto qui est bien riche d’enseignement malgré le mécontentement de Alexandre qui en demande beaucoup et n’est pas très sympa !

Merci Takenn

C’est vraiment inutile comme article. À quoi bon juste montrer l’histogramme et d’en parler si c’est pour ne même pas être foutu d’expliquer comment faire dans Lightroom (-_-)

Un complément pour voir comment aborder le post-traitement sur LR ici : https://jmk-photos.fr/profil-lineaire-lightroom/

C’est un article qui explique pourquoi exposer d’une certaine façon (à droite) en se servant de l’histogramme. Ce n’est pas un article sur le développement avec LR ou tout autre logiciel.

Bonjour, merci pour cet éclairage sur ce mode de travail en post-production.
Continuez ….
Cordialement
JPierre

Merci Jean-Pierre

Excellent article, merci beaucoup !